JEAN MARC MBAFOR : CONVERSATION SUR LE LEADERSHIP ET LA JEUNESSE CAMEROUNAISE
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De nature discrète, il existe peu d’interviews de cet homme sur le web. Il a pourtant occupé une fonction à responsabilité importante et de nature publique : Président du Conseil National de la Jeunesse Camerounaise ; poste qui lui a d’ailleurs valu moult accusations et attaques sur la scène médiatique. Mais ceci est une autre histoire, car Jean Marc Afesi Mbafor porte d’autres casquettes. En dehors du fait d’être né en France de parents camerounais (1983), et d’avoir poursuivi ses études supérieures au Nigeria, nous savons qu’il a assuré et assure la gestion des affaires familiales, la présidence du Conseil Régional des Jeunes Francophones de l’Afrique Centrale (2016), avant d’être récemment nommé Membre de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme. Pour aller plus loin, notre reporter a pu obtenir quelques confidences sur son histoire.


Comment a commencé votre aventure entrepreneuriale, Jean Marc ?

Je me souviens que mon père s’était opposé à mon rêve d’être militaire. J’ai donc décidé que je n’allais travailler pour personne d’autre que moi-même. A cette époque, je me trouvais au Nigeria pour mes études supérieures. C’est un pays anglo-saxon et étant bilingue, j’y ai vu une opportunité. C’est ainsi que j’ai monté mon premier business de traduction et de dispense de cours de Français.

Pourquoi avoir choisi d’investir et de vous implanter au Cameroun, après le Nigéria ?

Pour moi, c’était clairement le Cameroun ou rien. Pourquoi mettre mes idées et mes compétences au service d’un autre pays ? Je pense que le Cameroun est le pays africain le mieux placé pour une explosion socio-économique. Les pays africains anglo-saxons ont juste un environnement plus favorable à l’entrepreneuriat et au développement du secteur privé.

Jean Marc Mbafor dans son ancien bureau, Quartier Nylon Bastos.

Alors, quelques unes de vos responsabilités ?

Après l’obtention d’un diplôme en Gestion des Entreprises au Nigéria, je suis revenu au Cameroun et j’ai créé une société immobilière avec mon petit frère. Le programme Mustard Seed quant à lui est en quelque sorte la branche sociale de notre entreprise. Axé autour du développement participatif, c’est Mustard Seed qui est porteur du projet « HOPE ». Il s’agit d’un programme de réinsertion sociale pour les incarcérés. Nous avons déjà tenu 03 éditions à la Prison Centrale de Nkondengui. Au cours d’une édition, nous sélectionnons quelques prisonniers avec des microprojets intéressants. Nous les formons pendant une période d’incubation de 02 semaines. Lors de la finale « 03 minutes to convince », les 03 meilleurs projets sont sélectionnés et financés.


Qu’en est-il du Conseil National de la Jeunesse dont vous avez été élu Président en Décembre 2013 ?

Le CNJC est une plateforme d’échange, de consultation et d’expression des jeunes sur les problèmes les concernant. Je suis conscient que nombre de jeunes se sont interrogés sur notre apparente inertie. Mais, une grande partie de mon mandat a été consacrée à rendre au CNJC sa crédibilité auprès des Pouvoirs publics. Il faut savoir que nous avons pris les rênes du Conseil alors qu’il était dans un état déplorable. Après cette première étape, il fallait s’employer à restaurer la légitimité du CNJC auprès des jeunes.

A seulement une trentaine d’années, vous portez une responsabilité de leader de la jeunesse camerounaise mais vous êtes aussi chef d’entreprise. Comment abordez vous la gestion des personnes plus âgées dans le contexte socio-culturel camerounais ?

Il est vrai qu’il m’est arrivé d’avoir des employés de près de 50 ans. Je pense qu’il faut juste garder à l’esprit qu’on n’a pas la science infuse, et respecter l’expérience des ainés. En ce qui concerne les responsabilités cumulées, il faut avouer que ce n’est pas chose facile. Entre gérer ma vie personnelle,  mon entreprise et le devoir public, je continue d’apprendre tous les jours.

Je dois avouer que j’admire énormément le Président Paul Biya.

Jean Marc Mbafor

Vous avez été l’un des 12 jeunes camerounais choisis pour participer au Mandela Washington Fellowship pour les jeunes leaders africains. Qui est votre modèle en termes de leadership, et pensez-vous en être un vous-même ?

(Rires 😂). Je ne sais pas si je suis un modèle. Mais s’il y a des jeunes camerounais qui me considèrent comme tel, c’est une responsabilité que j’essaie d’assumer. Mon premier modèle est mon père. Chef de famille, pasteur, patron d’entreprise, je le vois mener des dizaines de personnes tous les jours avec adresse… et je ne comprends toujours pas comment il fait. Je dois aussi avouer que j’admire énormément le Président Paul BIYA. Il a su maintenir le cap pendant une trentaine d’années, au milieu de pressions et sans explosion. C’est un grand stratège que je respecte.

Un mot pour les futurs jeunes leaders alors ?
L’humilité.

Auteur
Business Magazine

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